Comment passer outre l'éloge Repetto ?
En 1947, madame Rose Repetto, mère du danseur étoile Roland Petit, décide de confectionner des chaussons de danse pour son fils. Cherchant à les rendre plus confortable, elle innove et coud la semelle du chausson à l'envers pour ensuite la retourner. Les nouvelles ballerines du jeune danseur fait des émules parmi ses amis du conservatoire, dont un certain Nouriev.... Encore confidentiel, ce petit succès incite pourtant Rose à installer un atelier Rue de la Paix à Paris, à deux pas de l'opéra Garnier.
Ses premiers rôles
En 1956 le succès de Repetto, certes remarquable, se limitait pourtant au petit monde de la danse. Cette année là, le 7ème art et son icône de l'époque, Brigitte Bardot, allaient propulser le chausson de danse sur le devant de la scène. Pour interpréter le rôle de lolita dans Et Dieu créa la femme, l'immense star eu l'idée de commander à l'atelier Repetto une ballerine de ville, légère et sensuelle. Dès sa sortie sur les écrans, la ballerine "Cendrillon" en vichy rouge de BB devint aussi culte que le film de Roger Vadim. C'est la consécration.
De l'autre côté de l'Atlantique, la ballerine se voit confier un autre rôle, non moins prestigieux... En 1954, l'élégante Audrey Hepburn, fraichement Oscarisée pour sa prestation dans Vacances Romaines, rencontre le créateur florentin Salavatore Ferragamo, le chausseur des stars. Et lui commande une paire de ballerines sur mesure : ligne épurée, fine. Légèrement différente du modèle français, la ballerine italienne est pourvue d'une bride et d'un talon pastille. Portées avec des pantacourts prêts du corps, elles lancent la mode phare des fifties : le style Capri.
Quelques années plus tard, Coco Chanel triomphe avec la création de ses ballerines bicolores à bout noir. Sur le tapis rouge et dans la rue, la chaussure extra plate séduit, mène la vie dure aux escarpins et talons hauts. Les ballerines deviennent le passage obligé de chaque créateur qui la revisite à l'envie : Marc Jacobs, Guiseppe Zanotti, Lanvin, Chloé, Jimmy Choo, Fendi... Et même Christian Louboutin...